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lundi 6 septembre 2010

   

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Interview de Daniel Pilaud, PDG d’Itris Automation Square

 

 

PDG d’Itris Automation Square, un éditeur d’outils d’aide au développement pour les programmes automates situé à Grenoble, Daniel Pilaud connaît bien les problèmes liés au financement de l’innovation. Il nous donne son point de vue sur la question.

 

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?


Itris Automation Square (IAS) est un éditeur d’outils d’aide au développement pour les programmes automates. L’entreprise fournit des solutions de conversion et de vérification de ces programmes. Commercialisés sous forme de Software-as-a-Service, ses outils permettent une amélioration de la qualité des programmes et une diminution des coûts de développement, de test et de maintenance.  Une chaîne de montage automobile, une machinerie d’ascenseur, un barrage hydroélectrique, une chaîne d’embouteillage, ou encore la ventilation d’un parking sont contrôlés par des automates programmables.

C’est pour offrir des services de programmation de ces automates que la société Itris a été crée en 1995 (devenue Itris Automation Square en 2008) dans la région grenobloise. La Compagnie Nationale du Rhône, PSA Peugeot Citroën, Schneider Electric, Actemium, Clemessy, Ineo, Spie font partie de nos clients.

 

Comment à évolué l’entreprise depuis sa création ?


Itris a cherché à se différencier dès le début de son activité par une double compétence en automatisme et en génie logiciel, le but de ce mariage de compétences était d’apporter au domaine de l’automatisme la puissance des méthodes de développement utilisées dans des secteurs connexes tels que l’informatique temps réel.


Au début des années 2000, Itris a souhaité aller plus loin dans l’apport des techniques de génie logiciel au monde de l’automatisme. Les équipes d’Itris ont alors formalisé la technologie à la base des outils utilisés en interne et proposé une nouvelle approche : un environnement technologique indépendant des plateformes et des langages.


En s’appuyant sur ces briques technologiques, Itris a mis au point des produits logiciels utilisables par tous les automaticiens. Ses solutions innovantes de traduction automatique de code automate et de qualimétrie ont rencontré un accueil très favorable.


Après ces premiers succès commerciaux pour son offre de produits, Itris a cherché des ressources supplémentaires, tant financières qu’humaines, pour pérenniser son effort de Recherche & Développement, poursuivre sa croissance et développer ses moyens commerciaux. Cette recherche a abouti dans le cadre d’une reprise d’entreprise en janvier 2008.


Et j’ai donc racheté Itris en janvier 2008, avec le soutien d’investisseurs grenoblois. L’entreprise a été rebaptisée Itris Automation Square (IAS). Aujourd’hui, le Software-as-a-Service est un modèle économique assez robuste qui résiste plutôt bien à la crise, ce que nous n’avions pas soupçonné d’emblée. Nous proposons une offre innovante dans ce créneau des automates programmables et nous sommes peu nombreux sur le marché. 

 

 

Comment financez-vous votre développement ?

 

Nous n’avons pas pu bénéficier du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) car nous avons repris les actifs d’Itris, qui avait plus de huit ans. Et même si nous avons repris les emplois en même temps, nous n’avons pas droit au financement lié au statut de JEI, ce qui nous désavantage, même si je comprends le principe de cette décision.

 

Nous bénéficions du crédit d’impôts recherche puisque nous consacrons près de 40% de notre CA à la Recherche & Développement ce qui est assez classique finalement. Nous avons une équipe à temps plein en R&D et réalisons un retour sur investissement sous forme de vente de licences et de Software-as-a-Service. Nous faisons également partie du Pôle de compétitivité mondial Minalogic qui propose des actions d’accompagnement pour les PMENous avons une personne ressource qui nous accompagne. Nous faisons aussi partie d’un projet liés aux Fonds Unique Interministériel (FUI) en partenariat avec Schneider Electric.

 

 

Quel est votre point de vue sur le financement de l’innovation ?

 


Le système de l’investissement en France fonctionne assez bien, le problème est qu’il faut déjà disposer de fonds propres pour pouvoir en bénéficier. Dès que vous êtes détenteurs de 300 000 € de fonds propres, vous êtes sur la bonne voie ! Vous avez ainsi la possibilité de démarrer de la recherche et du développement. Les financeurs, qui s’appuient sur des résultats concrets, acceptent alors de vous aider si le projet tient la route et vous pouvez alors faire fonctionner des effets de leviers efficaces.


Au moment de son rachat, la société Itris était constituée de collaborateurs très compétents et proposait des produits de qualité. Le problème est qu’ils n’avaient pas de fonds propres. Et malheureusement, on ne prête qu’aux riches.


Et le schéma en France est différent de ce qu’il peut être aux États-Unis par exemple. Quand on veut créer une entreprise là-bas, il est relativement facile de rassembler 150 000 dollars entre les amis et la famille. En France c’est plutôt rare en général. Les gens n’ont pas les moyens d’investir, même si la volonté est là. Donc cet aspect des fonds propres qui manquent aux entrepreneurs est assez significatif. En France, on créé du Business Angel mais les résultats sont différents. Soit l’aide est diluée, soit l’entreprise est absorbée.

En France, on débat souvent sur l’investissement dans les biens de production, indispensable pour pérenniser l’activité, mais il serait important de régler les problèmes d’accès au moment du lancement de l’activité, au niveau de l’entrepreneur. D’une manière général, le chercheur n’est pas riche, et il doit typiquement faire face à ces problèmes.

 

 

Quels sont les projets d’IAS?

 

L’objectif d’IAS est de répondre aux défis des prochaines années consistant à développer des programmes automates toujours plus sophistiqués en respectant trois critères : la maîtrise du coût de la totalité du cycle de vie du logiciel, la prise en compte des installations existantes (puisque de nombreux projets en automatisme s’inscrivent dans le cadre de rénovation ou d’extensions d’installations) et le maintien, voire l’amélioration de la qualité de ces programmes.

Cet objectif se décline à l’échelle mondiale et dans tous les domaines d’applications. En effet, les solutions d’IAS ont vocation à supporter les principaux automates du marché (Schneider Electric, Rockwell Automation, Siemens…) et constituent par nature des solutions indépendantes du contexte métier.

 

Pour en savoir plus : Automationsquare.com

Chiffres clés d'IAS:
- Capital social : 250 000€
- Chiffre d’Affaire 2008 : 820 K€
- Effectif : 15 personnes au 1er janvier 2009

 

 

Propos recueillis par Sylvie Pesme
17/06/09

 

À lire sur ce sujet, notre dossier de fond consacré au financement et aux aides à l'innovation

 

 

     
 
 

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